Mon compte

Créer son compte

Déjà inscrit ?

Vous avez oublié votre mot de passe ?

Actualité des auteurs

Blog de comment-publier

TVA à 7% pour le livre numérique 04-01-2012 à 12:07
Très bonne année 2012 02-01-2012 à 09:42
L'envoi postal de livres bientôt à un prix abordable ? 22-12-2011 à 11:17
Protéger son manuscrit 08-12-2011 à 16:46
Annulation par le Sénat de la hausse de la TVA réduite 08-12-2011 à 12:03

Vitrine > Théâtre > Y en a marre

Y en a marre

Y en a marre
Eric POMMIER

170 pages
15.00 €

Résumé

Alain ne fait pas de casting, Alain n'attend pas de coup de téléphone de son agent, Alain n'est plus obligé de faire semblant de s'amuser en sortant la nuit, Alain n'embrasse plus l'attachée de presse en lui disant coco et en passant sa main dans le dos de celle-ci en pensant que vraiment le mec avec qui elle est très con et que lui Alain pourrait lui donner tellement de plaisir et de bonheur. Alain n'a plus besoin de traîner aux terrasses des cafés pour guetter l'ami de l'ami qui connaît la secrétaire qui travaille depuis peu avec le directeur chargé de la production d'une société au bord du dépôt de bilan et qui pourrait si elle en avait le temps glisser une photo sous la pile de milliers de photos maculées de cendres froides de Havane numéro 5. Non Alain se charge de faire chier les autres.

Extrait

Silence. Le rideau est levé. Le comédien apparaît. Il s'avance vers le micro en prenant soin de regarder alentour. Son costume est sombre, sa cravate est mal nouée, le col gauche de chemise passe sur le revers de la veste. Le comédien regarde la salle, haut-bas, droite-gauche, se rapproche du micro jusqu'à y coller ses lèvres, sourit, redevient sérieux, rit silencieusement, se rembrunit, recule, revient au micro et articule d'une voix très grave:
- Y en a marre.
Rideau. Lever de rideau immédiat. Le comédien passe devant le micro, salue en se pliant en deux, s'avance.
- J'aurais pu tout réussir, tout m'était permis s'il n'y avait eu les autres.
Il salue et se retire. Rideau. Lever immédiat. Le comédien entre en sifflotant, une canne en main. Un gigantesque perroquet soutient plusieurs chapeaux, vêtements et objets divers (perruques, ceintures, chaussures...)
Le comédien entonne avec la voix d'Yves Montand :
- J'aime flâner sur les grands boulevards y a tant de choses, tant de choses tant de choses à voir....
puis saute maladroitement un pseudo trottoir façon Gene Kelly dans "Singing in the rain" et arpente la scène.
- Plantez café, mais c'est ça qui est difficile y a qu'a se baisser...
Il s'arrête droit face au public, balance la canne, passe une main dans ses cheveux.
- Ce type a occupé un créneau que j'aurais pu facilement prendre. Franchement emballer une fille comme Simone qui avait du talent, défiler avec Sartre, boire et reboire aux Deux Magots en refaisant le monde, rouler les communistes dans la farine, prendre Marylin pour maîtresse. c'est pas un exploit surhumain.
Moi, je voulais être un grand artiste, réussir comme Alain Delon. D'ailleurs j'ai son physique. Regardez on me l'a souvent dit.
Il se met de profil, de face, puis tend l'autre profil se positionne au centre et poursuit d'une voix docte:
- Alain est fier que vous l'admiriez. C'est pour lui une joie forte de vous voir ce soir.