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L'AMOUR EN GUERRE

L'AMOUR EN GUERRE
Tribulations d'un pilote de guerre français (1939-1946)
Dianne Garonni

348 pages
20.00 €
ISBN 978-2-9559832-0-1

Résumé

Julien a 20 ans en 1940 Il est jeune, beau, et découvre la grande passion : piloter. Son histoire de combattant, de prisonnier, d’évadé et d’homme amoureux a pour cadre la France, l’Espagne, l’Afrique du Nord et l’Allemagne. C’est celle d’un jeune homme de son époque entraîné dans une grande aventure où l’Amour et l’Amitié illumineront un parcours chargé d’émotions, de risques et de rebondissements.
C’est l’histoire d’un héros qui s’ignore¸ d’un passionné d’aviation pour qui l’Humain restera le plus grand combat. C’est aussi celle des émois amoureux d’une jeunesse sacrifiée.

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Extrait

Cet après-midi du 15, je choisis une grande
prairie aux abords du village pour mon atterrissage, mais m’aperçois qu’elle est jonchée de cadavres. Par quelques évolutions, je parviens à les éviter et à me poser. Mais là, en bordure de prairie, j’en dénombre plusieurs dizaines tombés les uns à côté des autres comme s’ils avaient été fauchés en voulant tous aller dans la même direction ; à moins qu’ils n’aient été tous abattus lorsqu’ils se sont levés ensemble pour attaquer ou encore en fuyant devant une arme automatique ?
Tout seul, un peu hébété, je me retrouve au milieu des morts. Ils sont revêtus des tenues gris fer de la Luftwaffe. Leur unité est composée en partie de marins et d’aviateurs qui ont été envoyés pour compléter ses régiments exsangues. Pour la plupart il s’agit de très jeunes gens, bien plus jeunes que moi, dont certains ne doivent même pas avoir 18 ans. Je suis d’autant plus affecté qu’ils sont presque tous beaux comme le sont souvent les Germains. Ils sont tellement plus jeunes et plus beaux que moi et… ils sont morts, les yeux ouverts que personne ne viendra fermer, le rictus de la mort empreint sur leur visage. Les tirailleurs, en passant, n’ont pas oublié de leur faire les poches et beaucoup de lettres traînent dans la boue. En essuyant mes yeux humides d’un revers de manche, je me baisse, en ramasse quelques-unes et lis. Ce que je sais d’allemand me uffit pour comprendre le sens de ces missives. Certaines, postées de Berlin, datent du 12 et le courrier a dû leur être distribué le matin du 14. Tous ces jeunes gens ont eu le temps de lire les dernières nouvelles, les derniers mots tendres des mères, des fiancées avant de mourir peu après (ce n’est qu’à midi que l’attaque de l’infanterie française a eu lieu). A genoux, les sanglots
dans la gorge, je lis ces phrases remplies d’affection, d’amour et je pense à elles, ces femmes¸ les mères, les sœurs, les épouses, les promises, elles qui ne savent encore rien de la disparition de leur cher destinataire. Je pose ma main sur une tête blonde et laisse couler mes larmes sur le front de cet ennemi, presque un enfant.
Dans deux jours, j’aurai 24 ans et je vis. Peut-être vivrai-je encore longtemps ? Et eux, qui étaient de ma génération¸ à jamais partis du monde, m’émeuvent d’autant plus que je peux me représenter leur vie semblable à la mienne ; mêmes villes ou campagnes, même niveau et manière de vie, philosophie commune à nous les Européens : leurs auteurs, leurs poètes, leurs musiciens sont aussi les nôtres et vice versa.