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Vitrine > Romans & nouvelles > Des effondrements souterrains

Des effondrements souterrains

Des effondrements souterrains
Yan KOUTON

252 pages
18.00 €
ISBN 978-2-84859-052-3

Résumé

Un épais brouillard a enseveli toute la ville et fait disparaître les hommes. Seuls quelques téméraires se meuvent pour l’affronter. Patrick Colman est de ceux-là. Très vite égaré dans ce labyrinthe, il se blesse violemment et tombe. Alors qu’il sombre dans l’inconscience, il en est arraché par un homme singulièrement prévenant. Cette rencontre et celle, plus tard, de Magalie, jeune femme en rupture familiale, seront des jalons déterminants dans sa quête de paix intérieure et dans sa tentative de reconstruction. L’errance de Patrick dans cette ville engloutie par les éléments où il chemine de manière hypnotique comme dans sa vie le mènera, après bien des souffrances, vers la rédemption. Celle-ci sera de courte durée…
Dans ce roman, Yan Kouton explore les liens entre mémoire individuelle et collective et s’interroge sur le fardeau des souvenirs, le poids du secret. La ville (Brest) et les événements climatiques sont des personnages à part entière, ils symbolisent les éléments dont la puissance dépasse les individus et les broie.
Comme les précédents romans de Yan Kouton, « Des effondrements souterrains » est une oeuvre sombre, révélatrice d’une pensée tourmentée.

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http://www.zinedi.com/oeuvre/des_effondrements_souterrains

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  http://www.librairiedialogues.fr/livre/1953349-des-effondrements-souterrains-roman-yan-kouton-ed-zinedi
  http://www.amazon.fr/effondrements-souterrains-Yan-Kouton/dp/2848590521/ref=sr_1_2?s=books&ie=UTF8&qid=1320051741&sr=1-2
  http://www.numilog.com/Pages/Recherche/ResultatRecherche.aspx?mode=br&titre=des+effondrements+souterrains&auteur=

Extrait

Tapis de brume recouvrant la rivière. Couvercle de coton translucide qui l’inquiète, troué par endroits, laissant entrevoir, apparaître les masses sombres ou grises de navires. Comme des fantômes. Immobiles, scintillants, irréels, en suspension entre deux mondes, bloqués ici, surgis de nulle part. Cimetière de bateaux. Des bandeaux lumineux, bleus, transperçant le coton ou qui l’éclaircissent, le colorent, révélant sa structure tantôt filandreuse tantôt minérale et cristalline pareille à celle d’un squelette d’organisme microscopique. La teinte est maladive, bleutée puis violette. Elle se mélange aux rayons jaunes, ceux des éclairages urbains qui balisent le chemin, faibles, pâles. Ils n’atteignent même plus le sol, disparaissant dans la masse aérienne, humide, légère et visqueuse à la fois, ou sur l’eau invisible mais que l’on sent, que l’on devine à la fraîcheur et à l’humidité qui remontent et qui glacent le sang et les os, écrasent les tempes, mouillant l’enrobé bitumineux qui devient gluant ; sur lequel il pourrait tomber, glisser s’il n’y prenait pas garde, perdait sa concentration. Il s’accroche à la pierre noire, laissant sur le dessus des blocs de granit une trace, longue et étroite comme un ruban. Voilà la brume qui s’épaissit, l’isole du monde, brouille sa vision. Il évolue dans un nuage épais, étouffant, glacial, qu’il fend effrayé et enthousiaste en même temps. Il ne sait plus ce qu’il y a devant. Il marche, aveugle, seulement guidé par l’habitude. Les yeux de sa conscience. Et par la pierre noire qu’il suit avec une précaution infinie. Les mains trempées à présent, aux extrémités salies, noircies. Il les essuie sur son pantalon, aussitôt après elles reprennent leur fil d’Ariane. Leur ligne de vie. Au bout de ce pont, elles le mèneront. En bas, la brume avance, happant tout ce qu’elle croise, irrésistible. Elle est vivante, elle est née plus haut dans les terres ou sur la mer au contact des éléments, de l’eau et de l’air. Maintenant, elle se répand, déborde, envahissant le monde, le noyant. Dans le silence, la puissance absolue de son silence. Elle fait tout disparaître, imposant sa beauté froide, sa grâce mortelle, sa langueur désespérée. Le silence froid qu’elle porte en elle. Éphémère, elle règne majestueuse, cathédrale naturelle et blanche, se posant sans un bruit ; elle va mourir, se disloquer, être anéantie, se morceler. Résistant çà et là, par bribes isolées, en quête d’un ultime espace, d’un refuge où survivre. Mais elle étouffera à son tour. Son agonie. Pour l’instant, elle est toujours la maîtresse, elle domine sans partage, trompe les hommes, les plonge dans la mélancolie, la torpeur et le désespoir. De son chant imperceptible, doux, apaisant qui les attire vers la mort. Elle peut rester plusieurs jours ainsi. Triomphante, voile mortifère, qui s’insinue dans les poumons, ralentissant la vie. Car elle parvient à ralentir la vie. Ces jours-là, la vie recule, elle s’essouffle, cède du terrain. C’est elle qui agonise. Le souffle de la terre devient profond, lent, sourd. Il appelle à l’aide, lointain. De la terre monte péniblement un râle, semblable à celui d’un homme malade ou âgé qui cherche de l’air par tous les moyens. Un simple filet d’air. La gueule ouverte mais il n’y rentre que de la brume et il tousse. La vie s’arrête.